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De l’importance de la musique

« C’est une vieille histoire, J’aurais toujours rêvé de faire de la musique. Je l’écoute à longueur de journée dans ma chambre noire »
Jean Mohr.

 

Pendant dix ans, Jean Mohr a accompagné l’Orchestre de la Suisse romande dans ses tournées aux Etats-Unis, en Europe et au Japon. Sur sa valise, un numéro semblable à celui des musiciens de l’Orchestre lui donne l’impression d’en faire véritablement partie et de connaître la musique de « l’intérieur ». Les raisons de ce long travail : d’une part, l’amour de la musique et le plaisir de la connaitre encore mieux et d’autre part, une fascination pour le visage d’Armin Jordan qui, au cour d’une même répétition pouvait passer du registre de l’ange à celui du diable. Problèmes de logistique, de voyages, de logements, travail dans les chambres d’hôtels, répétitions, réceptions. Il était toujours présent. Durant les temps libres, il a découvert et revu de nombreux pays dont le Japon qu’il aime particulièrement puisqu’il s’y est senti « japonais » avant même de s’y rendre. Il fait ensuite plusieurs expositions et sort un livre « Armin Jordan, Images d’un chef » paru aux éditions Zoé à Genève..

Transcription du film « En voyage avec Jean Mohr » de Villi Hermann 1992-

Ce que représente la musique pour moi, c’est beaucoup de choses, dans mon enfance, mon père jouait du piano et ma mère chantait à la maison donc j’étais imprégné de ça et pendant mon adolescence avec tous mes frères, on a réagi là contre, on s’est précipité tête baissée dans le jazz et puis ensuite par différents détours, je suis revenu à la musique classique, symphonique et à la musique de chambre.

Armin Jordan, Images d’un chef 

« Je n’aime pas mes portraits. A une époque, j’avais retiré tous les miroirs chez moi. Je me connais par cœur »
Armin Jordan

… C’est une âme blindée. Il vaudrait pour la rencontrer fixer son regard, mais c’est justement par là qu’il échappe. Son esprit ressemble à un feu follet, lorsqu’il parle, ses yeux dansent vers les plafonds, au delà des fenêtres. On dirait qu’il veut éviter un piège.

Qu’y verrait qu’il s’agit de ne pas trahir ? L’inquiétude ? La tendresse ? La banale peur d’être au monde ? Personnage complexe, c’est un truisme de le dire, Serait-il musicien sinon ? Il a le visage d’un texte de Baudelaire, out creusé  de spleen. On ne sait ce qui a  buriné ainsi le jeune homme flamboyant pour lui donner une mélancolie du sourire, ces paupières tombantes, comme plombées par le souci. Mais le plus étonnant , c’est que les années n’ont pas entamé les expressions d’innocence, les éclats de malice. L’enfant qui dort dans cet homme, de toute évidence a été bien protégé…
Jean-Jacques Roth, « Armin Jordan, Images d’un Chef » 1997

 


Théâtre 

« Ce qui m’importe dans la photo de théâtre dit Jean Mohr, c’est l’aventure humaine y compris l’avant et l’après du spectacle.
«  Ce ne sont pas des acteurs, mais des voleurs »
« C’est une secte sado masochiste… rien à voir avec le théâtre »
Ces réactions parmi tant d’autres, nous les avons entendues de la bouche de spectateurs furieux, lors du passage du Living Theater de New York au théâtre de Carouge.
Mais d’autre part, que d’éloges ! Quel succès triomphal pour une troupe d’avant garde dans une cité dont le public n’a pas la curiosité pour défaut majeur. Les images de jean Mohr montrent bien qu’un spectacle de Living Theater a de quoi surprendre…
Guillaume Chenevière, Radio TV 1967

C’est avec la naissance du Théâtre de Carouge à Genève où il compter quelques amis passionnés de la scène /(Franços Simone, François Rochaix ou Louis Gaulis) puis avec les performances novatrices du Living Theater que Jean Mohr commence à s’intéresser au théâtre.

Par la suite, et pendant de longues années, il s’abstient totalement de faire de la photo de théâtre. Il prétend que le théâtre l’ennuie et en particulier le genre que l’on peut qualifier d’officiel.

Et c’est seulement beaucoup plus tard, lorsque son fils Patrick diplômé de l’école Lecoq à Paris se lance comme metteur en scène et créée le théâtre Spirale qu’il s’y intéresse à nouveau, non pas parce que c’est son fils, mais parce qu’il trouve dans cette nouvelle forme de théâtre, un aspect très photogénique loin du côté figé des représentations traditionnelles.

+ Le but du Théâtre Spirale est de réunir des artistes de cultures différentes afin de développer un langage commun et de créer des œuvres originales.

Parole, Image, Geste et Musique se mêlent au service du spectacle.

Nous voulons plonger dans le chaos fascinant des mythes de nos origines, à la source de notre inconscient collectif écrit Patrick Mohr dans sa présentation.

Jean Mohr collabore parallèlement avec les théâtre St Gervais à Genève dont la démarche s’adresse notamment à divers publics d’immigrés résidant à Genève.